02 février 2016 ~ Commentaires fermés

Pauvre Anicet ! Une Nième victime du système « NDIMWO »

Deux vidéos font le tour des réseaux sociaux (Burundi) depuis lundi 01 février 2016. Dans la première vidéo, trois hommes au moins discutent, précisant que la « révolution » contre le troisième mandat a échoué parce qu’il y avait des Tutsis qui avaient pris le devant dans le mouvement. Deux personnes s’expriment à visage découvert, et un nom d’un troisième est prononcée (Anicet, qui se pavane d’être originaire de Rutovu, comme si cette origine faisait de lui un super Burundais). Il semble que c’est Anicet qui enregistre la vidéo et il mentionne un prénom de l’un des deux autres interlocuteurs.

Dans la deuxième vidéo, un Monsieur qui danse, vin en main droite et caisse de Heineken dans la main gauche. Sur le rythme d’un chant héroïque du Front Patriotique Rwandais (Intsinzi bana b’Urwanda), il lance des diatribes anti Tutsi (Murase izo mbwa z’Abatutsi bariko barwanya intwaro, banyoye amaraso y’abahutu imyaka 40- Fusillez ces Tutsis, ceux chiens qui s’opposent au pouvoir Hutu. Ils ont bu le sang des Hutus pendant 40 ans). La vidéo fait froid dans le dos. Surtout si on ne connait pas la personne dont il est question.

L’homme qui, apparemment enivré, délire dans la vidéo est l’Anicet dont il est question dans l’autre vidéo. Comme Willy Nyamitwe l’a confirmé sur Twitter, Anicet est un déprimé, un dérangé mental et il l’a été à cause du cndd-fdd ! Une nième victime du système « Ndimwo ». Le système « Ndimwo » provient du surnom que les opérateurs économiques ont donné au Président Pierre Nkurunziza. Nkurunziza s’est enrichi au dos de toute personne qui s’aventurait dans toute entreprise commerciale/ investissement susceptible de rapporter gros, et dont la licence ou autres facilitation dépendaient d’une signature de la présidence. Avant d’obtenir cette fameuse signature (il a lui-même appelé sa signature « akabirya » -le joker), l’entrepreneur devait accepter que Nkurunziza soit détenteur d’actions, sans aucun apport évidemment, avec un pourcentage qu’il devra percevoir comme bénéfice, que l’entreprise prospère ou pas. D’où le surnom de « Ndimwo » (Je suis dedans-Je suis actionnaire).

Dès lors, tous ceux qui avaient une parcelle de pouvoir sous le régime cndd-fdd, et dont signature était requise pour une quelconque entreprise sont entrés dans la cadence, en appliquant le système « Ndimwo », chacun à son niveau, « Umwera uva i bukuru ugakwira igihugu cose ». En cette matière, l’adage burundais s’est appliqué tel quel ! En effet, contrairement à l’usage erroné que beaucoup de gens en font sans le savoir, l’adage parle de quelque chose de négatif, « umwera ku mubiri w’umuntu ni inenge, si ubwiza ; ni umugayo, ni ubuhizi ». Il est loisible de se demander si Gaston « Sindimwo» (Littéralement-Je ne suis pas dedans) applique le système.

Le père d’Anicet s’appelait Bernard, un commerçant originaire de Mwarusi (Rutovu), un papa très laborieux et gentil, qui a rendu de bons services à beaucoup de gens et qui a initié ses enfants au business dès le bas-âge. Bernard, le père d’Anicet fut assassiné au cours du 1er mandat de Pierre Nkurunziza dans des circonstances qui n’ont jamais été élucidées, mais une certaine opinion pense qu’il aurait été tué par des faucons du pouvoir cndd-fdd pour avoir refusé de « collaborer » comme certains ténors du parti et du service national des renseignements le lui demandaient.  A la mort du père, comme Anicet était le fils aîné de la famille, il prit la relève pour continuer la direction du business, assisté par son petit-frère. Il avait toutes les qualités pour exceller et c’était un jeune homme doué dans les affaires. Malheureusement le jeune Anicet ne tardera pas à tomber dans le piège de l’obsession de l’argent.

Une fois, il prêta de l’argent à son petit frère qui faisait une commercialisation des biens importés, moyennant promesse de lui rembourser après la vente du stock importé. Malheureusement, les containers du petit frère furent subtilisés et changés contre d’autres qui contenaient des biens de piètre qualité qu’il ne put même pas vendre. N’ayant pas souscrit une assurance-comme la plupart de nos petits commerçants, il dut supporter la perte. Anicet, au lieu de compatir avec son frère en difficulté, n’attendit même pas qu’il se relance pour pouvoir le rembourser le moment venu. Il le menaça et lui causa des ennuis de tout genre, jusqu’à ce que le petit frère soit obligé de vendre sa maison familiale, son unique, pour rembourser l’argent emprunté à son grand frère Anicet. Après cet incident, le petit frère d’Anicet, toujours en difficulté, malmené et moralement touché par la trahison de son grand frère, quitta le Burundi pour quelques temps.

Du côté d’Anicet, il prit contact avec le cndd-fdd et parvint à décrocher le parrainage du Gnl Alain-Guillaume Bunyoni. A l’issue de cette connexion, son business « prospéra », il obtint le monopole de fourniture de la viande dans les camps militaires et dans la police, et il reçut l’exécution de beaucoup de marchés de fournitures sans aucune concurrence. Il arriva même qu’il soit partenaire du trio Nkurunziza-Bunyoni et Adolphe Nshimirimana dans les affaires et qu’il participe dans certaines de leurs réunions privées traitant du business mafieux.  Son business « prospéra » ; il acheta une maison au Quartier Zeimet, Avenue Nzero qu’il transforma en Hôtel et il obtint la concession de la parcelle située tout proche du Lycée Ngagara (Ex- Ecole Normale de l’Etat-ENE) sur laquelle il construisit un large supermarché nommé Bujumbura Trading Center (BTC) dont certains disaient qu’il appartenait à la Première Dame. Rappelons que le bâtiment fut construit sur les câbles de l’ONATEL et que même les dirigeants de l’ONATEL avaient saisi la Mairie de Bujumbura et les Services de l’Urbanisme pour dénoncer les constructions sur leurs câbles, mais sans succès. En effet, parce que le concessionnaire était un allié du trio Nkurunziza- Bunyoni et feu Gnl Adolphe Nshimirimana, il ne devait y avoir d’autres réponse que de faire taire l’ONATEL. Les constructions progressaient comme des champignons sortant de la terre et le supermarché était l’un des plus fréquentés ; il ouvrait 24 h/24 h. Certainement qu’Anicet avait dû contracter des crédits pour construire BTC et démarrer les affaires et le principe « Ndimwo » fut aussi respecté.

Un autre dossier où le « Ndimwo » toucha le pauvre jeune Anicet fut la privatisation du Port de Bujumbura et l’octroi de son exploitation à la Société fictive « Global Port ». Au moment de la spoliation de l’exploitation du Port de Bujumbura par la mafia Nkurunziza-Bunyonyi et Adolphe Nshimirimana, Anicet aurait été impliqué. Il aurait été envoyé en Afrique du Sud pour négocier les Managers et c’est à ce moment qu’il aurait subi le coup fatal du système « NDIMWO ». Lors de l’obtention de l’exploitation du Port de Bujumbura, il aurait été demandé à Anicet d’y injecter de l’argent et qu’à titre de récompense, il serait fait actionnaire numéro 1. Évidemment, il devait aussi couvrir la part des actions de la mafia « NDIMWO ». Après avoir mis son argent, la mafia « Ndimwo » le vomit sans retenue ; il ne sera même plus invité dans leurs réunions de business comme avant.

A partir de ce moment, Anicet perdit la tête, son business de BTC et ses autres projets commencèrent à sombrer ; les marchés (monopoles) qui lui avaient été confiés dans le passé lui furent retirés un après l’autre. Le supermarché BTC ferma brusquement, à la surprise générale de tous et l’Hôtel sis au Quartier Zeimet commença lui aussi à avoir des problèmes de fonctionnement ! Il quitta les bâtiments gigantesques de BTC pour louer une salle en bas de l’Université du Lac Tanganyika, à quelques mètres du lieu où opérait BTC, mais là non plus, les choses n’ont pas marché. Au vu de ces déboires, il finit par quitter les locaux et supprima le nom BTC pour continuer avec nom commercial de son business initial d’avant BTC, à savoir « Alimentation UMUCO » opérant notamment au centre-ville, proche de la Station Katikati et de l’Alimentation Fée du Logis.

Voyant les problèmes s’amplifier, Anicet demanda un visa de long séjour pour les USA et il put envoyer son épouse qui donna naissance à l’un de leurs enfants aux USA et retourna après. Il se pourrait qu’il ait obtenu la résidence également.

Conformément aux principes et au modus operandi de « NDIMWO », Anicet devait désintéresser ceux qui l’ont aidé pour décrocher la parcelle de l’ONATEL et les différents marchés de fourniture de biens en leur donnant leur « dû » et il devait régler les engagements pris envers les créanciers et les fournisseurs, seul. BTC en faillite, son Hôtel en faillite, son argent spolié par les « NDIMWO » couplés avec l’obligation de les désintéresser, l’obligation de rembourser les engagements bancaires, …Ceci fut trop dur et trop lourd à supporter pour le pauvre Anicet ! Anicet déprima et fut mis sur traitement.

Selon des sources dignes de foi, il aurait essayé de décrocher la faveur et l’assistance de Pierre Nkurunziza pour réanimer son business et se détacher des Généraux Adolphe Nshimirimana et Alain-Guillaume Bunyoni. Il souhaitait un coup de main et le « NDIMWO » s’appliquerait désormais à Pierre Nkurunziza seul. Malheureusement, il semblerait que l’initiative ne connut pas le succès souhaité par Anicet.

De la trahison vis-à-vis de son petit frère à la collaboration avec la mafia du cndd-fdd en passant par le détournement de l’héritage de son père, le jeune Anicet – qui ne doit être âgé de plus de 40 ans aujourd’hui- obtint comme récompense la dépression, s’adonner à l’alcool et aux autres excès qui vont avec.

Si lui a le déséquilibre mental comme prétexte pour lancer des messages haineux, est-ce de même pour celui qui prend la vidéo ou ces autres qui approuvent et dansent ? Peut-être que c’est un asile de fous.

Quid de Mathuselah Nikobamye alias Pasteur Habimana ? Abarwaye ni benshi.

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