01 novembre 2015 ~ Commentaires fermés

Burundi : le génocide annoncé : On va travailler – Révérien Ndikuriyo

Burundi : le génocide annoncé : On va travailler –  Révérien Ndikuriyo

Fini le temps du langage de haine sibyllin au Burundi; un nouveau cap vient d’être franchi au niveau du langage incitant à la haine et à l’extermination. Il y a eu d’abord le virulent discours du Président du CNDD-FDD lu à la Radiotélévision Nationale, le 3 octobre dernier, par le porte-parole du parti; il y a eu ensuite la charge raciste contre les Belges de ce même porte-parole lors d’une interview récente; voilà maintenant dans la même veine ces paroles hallucinantes du Président  du Sénat de Nkurunziza, Révérien Ndikuriyo. « Un jour on va travailler », dit-il en substance. Lorsqu’on sait que  « Travailler » fut le mot-code du génocide au Rwanda, tout est dit. Ces propos ont été tenus lors d’une réunion sur la sécurité  avec les chefs des quartiers de la municipalité de Bujumbura.

Je vous ai dit qu’il n’existe pas d’Île au Burundi; tu ne peux pas dire « je me cache derrière la fenêtre et les policiers passent et puis je leur lance une grenade » Pensez-vous que quand ils prennent notes  et des images ils ne voient pas comment ces gens procèdent? (…) Croyez-vous que cela n’est pas bien enregistré quelque part? Je vous l’ai bien dit, vous êtes les chefs des Quartiers, allez leur donner le message car vous vous connaissez entre vous,  et si vous ne connaissez pas les personnes que vous dirigez, vous êtes de bons à rien! Allez les avertir donc, pour que demain il n’y ait  pas de regret. Je vous le dis clairement : intimez l’ordre à vos subalternes, dites aux chefs des Groupes de 10 ménages, s’il s’agit des fusils, collectez-les; s’il s’agit des grenades, collectez-les aussi.(…) Je ne sais pas si vous me saisissez bien! Hein!! Allez à Mogadiscio d’abord, et vous saurez ce que c’est que l’Armée Nationale. (…)

Vous devrez rester ici à Bujumbura, vous n’irez pas dans la brousse, et  si vous tentez, nous n’allons pas vous ménager; la brousse est déjà minée, réservée pour autre chose; vous devrez rester dans les maisons. Vous tomberez ici même dans les maisons. On va tout régler ici-même, dans les maisons. (…) Et on ne fait pas dans les sentiments lorsqu’il est temps de passer à l’action! Et je vous l’ai dit clairement. Je l’ai dit même au petit peuple, et il m’aime, les citoyens ne me font jusqu’ici aucun reproche! Si on commence ça sera terminé. Si vous entendez le signal avec une consigne que ça doit se terminer, les émotions et les pleurs n’auront plus de place! C’est comme ça, vous êtes les Chefs des Quartiers, allez parler aux résidents de vos quartiers, si quelqu’un dit « j’accepte de mourir », alors vous direz à ceux qui viendront exécuter la mission : « sur cette partie, il faut pulvériser » (ndlr càd exterminer », ceux-ci sont bien à mourir! Je vous donne l’ordre, allez! Vous êtes les Chefs de Quartiers, et vous avez sous vos ordres les Chefs des Groupes de 10 ménages. Allez donner ce message de manière claire! (…).

J’ai dit quelque chose en passant que c’est même possible d’avoir des opportunités de décrocher encore des parcelles. Oui, c’est possible de décrocher quelques parcelles. Je ne sais pas si vous saisissez bien ce que je veux dire! Si vous voulez vraiment avoir des parcelles, (ndlr « travaillez » et) vous en aurez! Allez transmettre le message, et ne dites plus «  s’ils tirent encore », qu’est-ce que tu vas changer s’ils tirent? Je sais comment la guérilla fonctionne car j’ai fait partie d’une guérilla. (…) Qu’ils sortent des maisons et nous allons nous mesurer avec eux sur les hauteurs, sur les montagnes et dans la brousse.  Rendez-vous à Cibitoke, à Bukinanyana! Je m’y suis rendu deux jours après (ndlr les attaques dites de groupes rebelles), on leur tirait dessus même cachés sous les pierres. (…) Vous avez étés élus, les gens ont confiance en vous, dites-leur la vérité! Ne jouez plus le jeu «  ça ne fait rien, on a lancé une grenade sur un policier » et vous vous mettez à chanter (à célébrer). Et le message que je vous donne est clair. Partez avec ce message et transmettez-le!

Il y a des gens qui induisent les autres en erreur en leur disant, «  allez-y, tout est bien, il n’y a aucun problème, nous allons vous rejoindre »et d’un coup vous voyez 100 personnes tuées en un laps de temps, à Cibitoke, plus d’une centaine ont été tués dans un laps de temps. Dans deux jours seulement, plus de 100 personnes à terre! 70 fusils saisis! Voilà.

Mutakura et Cibitoke c’est quelle superficie? Quelle est la longueur du Quartier Cibitoke? (…) Combien de mètres séparent la 1ère et la dernière Avenue? Allez mesurer! Ne vous comportez pas comme les enfants de la ville! NON! Ne vous comportez pas comme des citadins. Allez mesurer le nombre de mètres (la longueur) entre les différentes Avenues du Quartier Cibitoke! Le Quartier Mutakura a combien d’Avenues? Je vous le dis sincèrement, allez-les les avertir pour qu’ils ne viennent pas à dire « si j’avais su ».

Je vous ai bien dit que nous connaissons Mogadiscio, les militaires sautaient directement des avions au champ de bataille, et avançaient en tirant immédiatement. Et voilà, aujourd’hui Mogadiscio est sécurisé! Que personne ne se trompe donc, en se croyant spécialiste. Parachuter n’est pas un problème. Même si vous alliez dans la forêt de la Kibira, les parachutistes s’y rendront de la même manière (ndlr qu’à Mogadiscio) et seul un de vous survivra et c’est celui qui viendra faire le rapport. Même dans les maisons (ndlr dans les Quartiers) ce sera pareil. (…)S’il est décidé qu’une opération sérieuse doit se faire dans un lieu donné, après avoir été minutieusement préparée, elle devra être parfaitement réalisée. Personne n’ira à Muyinga, personne n’ira à Kirundo. Non! Le tout se résoudra là-bas même (dans les quartiers). Il y a une chose que vous ne comprenez pas encore peut-être, quand il dit (ndlr le Président Nkurunziza avec sa maxime « Qui allumera le feu, celui-ci le consumera chez-lui même!) que celui-là qui osera, tout finira chez lui, c’est pour dire que si vous brûlez des pneus, c’est vous-même qui allez aspirer les fumées suffocantes;  si vous vous mettez à tirer des balles, le tout se terminera chez-vous. Si vous semez du trouble dans les Quartiers, c’est dans vos Quartiers que tout finira et toute tentative sera anéantie là-même! (…) Le jour où l’autorisation pour travailler sera donnée et que la retenue actuelle viendrait à prendre fin, où irez-vous? Si on venait à dire, « désormais, travaillez! », procédez à l’opération kora (travail)! S’il advenait que ce soit à vous que l’on intime l’ordre de passer à l’action, alors que vous continuez à vous flotter et à côtoyer ces « gens-là », dites-mois comment vous pourriez le faire!

Avez-vous jusqu’à présent appris qu’un ordre aurait été donné pour travailler? L’avez-vous appris? Attendez! Le jour où on dira travaillez, vous verrez la différence! Les policiers se cachent actuellement pour se mettre à l’abri des grenades, mais vous allez voir la différence le jour où ils recevront le message pour travailler.  (…) Le jour où ils recevront l’ordre de travailler véritablement au nom du pays et pour la sécurité des Quartiers, ils vont opérer sérieusement! Ce ne sera pas comme maintenant où on essaie d’être indulgent notamment en tirant sur les bras pour que …..huuuummm….Quand ils reçoivent l’ordre de travailler sérieusement, ils travailleront.

On ne leur pas encore ordonné à travailler. Actuellement, on est encore léger (…) Le jour où nous lâcherons les gens et que l’ordre de travailler sera donné, gare à vous! Même cachés en dessous du lit, vous serez délogés. Le Jour où on leur dira « Travaillez! », tant pis pour vous. Je sais que même les policiers ne sont pas contents, ils disent « qu’on nous laisse faire le travail tel que nous l’avons appris, nous sommes lassés de nous faire lancer des grenades par derrière »! Maintenant ils demandent qu’on leur donne l’autorisation de travailler pour mettre en pratique ce qu’ils ont appris et ces histoires prendront fin.

Dans les Missions de maintien de la paix, on refusait aux forces de maintien de la paix de tirer, mais par après, on leur a donné l’ordre de tirer. Au départ, on se faisait tirer dessus et on perdait des hommes, mais par après, on leur a dit « passer à l’action » et c’était fini en zéro secondes. Il suffit de donner l’autorisation de travailler, le feu attire le feu et nous continuons.

Chez nous dans les savanes du Kumoso (ndlr Sud Est du Burundi dans les Provinces de Makamba, Rutana et Ruyigi), quand il y a des feux de brousse, pour l’éteindre et protéger les espaces non encore atteints, nous brûlions une partie non encore atteinte et orientions le feu allumé dans la direction du premier, les deux feux se rencontraient au milieu et c’était leur fin! C’est comme cela que nous faisons dans le Kumoso pendant la saison sèche. On n’éteint pas les feux de brousse avec les feuilles de bananes sèches, ni avec des feuilles des arbres! NON! Si tu amènes des feuilles d’arbres, elles se consument sous tes yeux et il y a même le risque que tu y laisses la vie. Quand tu vois un feu de brousse te surprendre, tu te donnes une distance, tu allumes un second feu, tu l’orientes en direction du premier et ils se rencontrent au milieu. C’est ça.

C’est pourquoi nous rendons souvent visite aux populations. Les populations de l’intérieur du pays sont éveillées. C’est pourquoi elles disent que toute personne qui n’est pas de leur localité doit partir. Nous ne pouvons pas accepter d’être servi un menu dont nous ne savons pas comment il a été préparé, nous ne mangeons pas une nourriture dont nous ignorons le mode de préparation. Mais vous, à cause de la culture et de la mentalité de la ville, vous acceptez tout! Cela pose alors problème.

Vous-a-t-on dit que seuls les militaires ou les policiers font ce qu’on leur demande? On use encore de la douceur! (…) Pensez-vous que le gouvernement acceptera que ses policiers continuent d’être tués alors qu’il pouvait leur autoriser de travailler ! A un moment il dira NON et l’ordre sera donné de terminer la tâche. (…) Quand on donne l’ordre de passer à l’action, les gaz lacrymogènes ne sont plus un outil. Quand on se rend compte qu’il y a nécessité de travailler dans un lieu donné et qu’une décision est prise pour passer à l’action, on ne prend pas le gaz lacrymogène avec soi. Le gaz lacrymogène est utilisé quand les citoyens courent seulement dans la rue pour les empêcher de ……mais quand on dit qu’il y a une mission véritable à réaliser quelque part, quand on doit travailler on travaille.

On commence par identifier le lieu d’exécution du travail. On n’ira pas travailler là où il n’y pas de volume suffisant de travail; on va là où il y a du travail et je sais qu’en pareil cas, tout marche bien et avec succès.

Ensuite, à celui qui a proposé que l’on travaille avec Kamenge et Kinama, ça c’est un point mais je crois que cela n’est pas nécessaire. Vaut-il la peine de dire aux résidents de sortir de ces quartiers? Quel serait finalement votre rôle? Doit-on utiliser des sifflets? N’êtes-vous pas les Chefs de ces Quartiers? Ce n’est pas nécessaire de faire sortir tout le monde du Quartier. Vous ne dirigez pas les objets, vous dirigez des personnes et aucune personne ne doit vivre dans la ville sans être identifiée, étant donné qu’il existe des structures de l’administration jusqu’à la base avec les Chefs des Groupes de 10 ménages. Vous ne devriez même pas attendre qu’il y ait une opération (ndlr l’opération Kora), vous devriez plutôt, de votre propre initiative, dire : « en ce lieu il existe 1,2,3,4,5 éléments qui ne sont pas en ordre » et vous vous enverrez un message par téléphone pour aviser ceux qui sont à épargner et vous appelez la police pour qu’elle passe à l’action et vous y retournez par après. Ne vous-ai-je pas dit qu’il y a même moyen d’être récompensé par des parcelles? Hein…ce n’est pas un jeu…moi je suis comme ça… ne me regardez pas! Je suis habitué à la guerre.

https://soundcloud.com/journ-burundi/reverien-ndikuriyo-le-pdt-du-senat-illegitime-promet-de-raser-des-quartiers-de-la-capitale

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