30 septembre 2015 ~ 0 Commentaire

« Je vis en Suisse, après moi, le déluge »Perpétue Nshimirimana, ancienne représentante du Burundi aux Nations unies

Voilà l’idéologie qui caractérise les défenseurs du pouvoir de Pierre Nkurunziza

Burundi, où va-t-on?

Bien que je ne sois pas le destinataire de la lettre ouverte de Perpétue Nshimirimana à Bernard Henri Lévi, en tant que citoyen burundais, je me permets d’exprimer ma stupéfaction  et ma déception à la lecture d’une lettre provenant d’une ancienne Diplomate burundaise du nom de Perpétue Nshimirimana, une lettre incitant à la haine ethnique à mon sens.

Je trouve très pathétique qu’une mère de famille, « Représentante du Burundi à l’international », puisse réfléchir comme quelqu’une qui n’a jamais reçu l’éducation aux valeurs d’Ubuntu-dispensée dans le cadre familial- et comme quelqu’une qui n’a jamais mis le pied à l’école.

J’ai toujours cru que la haine de l’autre, l’étroitesse du cœur touchait plutôt les gens les plus démunis, qui n’ont jamais eu l’opportunité d’évoluer, de rencontrer l’autre, de voir à quel point c’est formidable les différences, qu’elles ne constituent pas un frein, mais une opportunité pour réaliser de bonnes choses et pour briser certains stéréotypes.…

On pleure en entendant un jeune qui va être exécuté en Arabie Saoudite sans le connaître, on a la peine au cœur en entendant des gens tués par des explosions à gauche à droite, c’est ça qui caractérise notre humanité: la compassion sans savoir l’origine ethnique et raciale de l’autre.

Mais non, pour Perpétue Nshimirimana, puisque les quelques centaines de morts tués par le régime Pierre Nkurunziza au cours de la période d’avril à septembre 2015 sont de telle ethnie, ils ne méritent pas justice, et d’ailleurs il y a eu des crimes impunis au Burundi depuis 50 ans, qu’on reste dans l’impunité! Arrête de tourner le fer dans la plaie des familles des militaires, des policiers, des paisibles citoyens endeuillées, d’autres torturés ou des centaines de milliers de Burundais contraints à l’exil à cause de la boulimie du pouvoir d’un homme qui est prêt à sacrifier la vie de plus de huit millions de citoyens pour assouvir sa faim insatiable d’être à la tête du Burundi en violation des lois et règlements de la République. Tu es une mère de famille et tu devrais comprendre cela plus que quiconque. Si les démons de la haine te tirent, tourne l’oreille vers cette voix intérieure qui te dit doucement : « Stop! Tu es une maman, tu as une progéniture, tiens-toi du côté du droit et du respect de la dignité humaine car la vie de ta progéniture en dépend »!

Madame Perpétue Nshimirimana, à Lausanne en Suisse où tu dis que tu habites depuis 22 ans, c’est-à-dire depuis 1993, s’ils ne t’avaient pas accepté comme tu étais et s’ils avaient cherché à t’éliminer parce que tu es étrangère, parce que tu es noire ça t’aurait plu? En vertu de quel droit habites-tu en  Suisse? N’est-ce pas parce que c’est un Etat de droit?

Et donc les gens qui sont dans leur pays tant aimé, méritent-ils de mourir parce qu’ils sont en train d’aspirer à la jouissance de leurs droits? Oui bien sûr, selon toi! Après moi, le déluge tu sembles dire!!     Cela est plutôt étonnant, voire décevant pour une mère…

Il n’y a pas de Hutus, de Tutsis,  de blancs, de noirs, de métis, d’Indiens qui méritent de mourir parce qu’ils sont ceci ou cela, un être humain c’est un être humain, sa vie est sacrée! Le reste c’est un mal absolu, c’est un esprit sauvage qui ne t’as pas encore quitté…

Aux Burundais qui croient qu’ils profiteront de ce chaos, peu importe l’ethnie ou la provenance qu’ils invoquent, je leur dis, la terre tourne, nous ne sommes pas maîtres de cette terre…La Suisse, c’est un Pays de droits de l’homme, de progrès, un Etat de droit. Mme Nshimirimana, pourquoi ne pas participer à consolider la paix chez toi et le développement au lieu d’en mendier à l’extérieur du Pays?

En lisant ta fameuse lettre, j’ai envie de te demander où tu as trouvé ce bilan de victimes des crimes perpétrés au Burundi pour pouvoir l’étaler au monde? C’est diabolique de vouloir compter le nombre de morts pour apprécier la douleur d’un peuple ou d’une famille! Toute vie est sacrée et la perte d’un être cher est toujours douloureuse!  Ceci a jusqu’ici était difficile, voire impossible à appréhender pour bon nombre de Burundais et c’est dommage! Je constate que par ton raisonnement, tu n’es pas non plus épargnée. Tu devrais te défaire de ce virus de haine qui voit ethnisme partout et qui cherche à justifier l’échec de Pierre Nkurunziza par la présence de groupes ethniques différents au Burundi. Qui n’a pas souffert des exactions du pouvoir Nkurunziza? Des Hutus, des Tutsis, des Twas et des étrangers ont tous souffert de ce régime et ce n’est pas ta lettre révélant par ailleurs l’étroitesse de ton esprit qui fera croire aux victimes que Pierre Nkurunziza n’est pas l’auteur principal de leur malheur.

Est-ce fait délibérément de ne pas avoir mentionné les crimes commis de 1988 à aujourd’hui? De ne pas avoir mentionné les Hutus du Parti FNL exécutés depuis l’accession au pouvoir du parti CNDD-FDD selon le plan Safisha? Pourquoi passes-tu sous silence les paisibles citoyens qui ont été tués à Muyinga sous la supervision du Commandant de la 4ème Région Militaire d’alors, le Colonel Vital Bangirinama et dont les corps ont été ligotés et jetés dans la Ruvubu? Pourquoi passes-toi sous silence la facilité offerte par le pouvoir Nkurunziza à ce militaire pour aller s’installer à l’étranger et, pour tromper l’opinion,       le Président Pierre Nkurunziza le révoque de la FDN trois ans plus tard? Pourquoi passes-toi sous silence ce cri de désespoir de cette vieille Maman de Bujumbura Rural qui pleure tous ses fils assassinés par le pouvoir Nkurunziza pour la simple raison qu’ils sont membres du Parti FNL? Pourquoi passes-tu sous silence ces citoyens innocents tués et jetés dans la Rusizi? Pourquoi passes-tu sous silence cette jeunesse membre du Parti CNDD-FDD contrainte à haïr, pourchasser et à tuer les jeunes des autres familles politiques? Pourquoi passes-tu sous silence ces hommes et femmes d’affaires honnêtes Hutus, Tutsis, Burundais naturalisés qui ne sont ni Hutus ni Tutsis, et étrangers qui durent fermer leurs business, leurs avoirs ayant été usurpés par Pierre Nkurunziza et son club selon la formule « NDIMWO »?

Madame Perpétue Nshimirimana, je me souviens de toi en 1993, au lendemain de l’assassinat du Président Melchior Ndadaye. Tu as été la première diplomate en fonction à demander aux partenaires internationaux à prendre des sanctions contre ceux qui venaient d’assassiner le Président Ndadaye et qui voulaient diriger le pays par un coup de force. Tu fus d’un courage inégalé parce que tu étais contre ceux qui voulaient apporter le malheur au Burundi et faire sa honte dans le concert des Nations. Tu fus une grande militante de la démocratie aux côtés d’autres pionniers du Parti FRODEBU et ta nomination comme Représentante Permanente du Burundi auprès des Nations Unies et des autres Organisations Internationales à Genève par le Président Ndadaye ne fut pas imméritée. C’est curieusement étonnant de te lire aujourd’hui en train de soutenir une personne qui vient de faire un coup d’Etat constitutionnel et qui veut détruire les Accords d’Arusha pour la Paix et la réconciliation au Burundi, difficilement et chèrement acquis, un usurpateur, un traitre de la démocratie pour laquelle tu t’es battue-à moins que ta vraie face fût tout autre!

Les personnes qui ont conseillé Pierre Nkurunziza à ne pas briguer ce mandat de la tragédie pour le Burundi étaient parmi ses amis intimes d’abord, celles qui ont lutté avec lui, ses Mentors et ses anciens collègues d’armes pour la réhabilitation de démocratie. Ils ont pris le courage et ils ont eu l’audace de lui dire la vérité que les quémandeurs du Palais lui cachaient! Ces vaillantes personnes n’étaient ni Hutus ni Tutsis dans leur raisonnement; elles étaient seulement de vrais amis, de véritables patriotes attachés à l’honneur de la personne de Nkurunziza et à celui du pays. Quand tu passes tout cela sous silence dans ta lettre et que tu cherches à coller une étiquette ethnique au problème burundais actuel pour tenter de frayer un passage à Pierre Nkurunziza, un homme têtu et égoïste, tu es pitoyable!

Tu as bien dit que tu viens de passer vingt-deux ans en Suisse; c’est donc normal que tu restes en arrière par rapport à l’évolution des mentalités des Burundais, après presque un quart de siècle d’absence. Depuis l’époque où tu faisais les reportages à Arusha à la période actuelle, les choses ont beaucoup évolué et tu devrais, avec humilité, retourner à l’école des mutations sociales irréversibles au sein de la société burundaise au cours de ces quinze dernières années. Le train pour la cohésion sociale entre Burundais a déjà démarré et le pouvoir Nkurunziza ne pourra l’arrêter. La persécution qu’il initie contre son peuple poussera plutôt ce dernier à s’unir et à être plus solidaire qu’il ne l’était avant.

Avant de terminer ma réaction, permets-moi de te faire un clin d’œil : ne t’aventure plus sur un terrain d’alimenter un conflit entre pays, qui n’existe pas par ailleurs et qui ne verra jamais le jour comme vous le rêvez. Tu passes sous silence les visites et les investissements communs entrepris par Pierre Nkurunziza et son Club avec des hommes d’affaires Rwandais ainsi que les marchés aux montants exorbitants octroyés aux Investisseurs et Entrepreneurs Rwandais par le pouvoir Nkurunziza et tu te réveilles pour pointer le Rwanda du doigt comme quoi il est à l’origine de tous les problèmes burundais! Ne te fais pas rouler Madame, tu es loin pour savoir! Si les conflits entre le Burundi et le Rwanda n’ont jamais eu lieu au cours de ces 100 dernières années, je voudrais te dire, Mme Nshimirimana comme d’ailleurs au gouvernement Nkurunziza, qu’il est inutile d’y perdre votre temps, en pensant que vous réussirez à semer la haine entre Burundais et Rwandais. Il s’est tissé des liens d’amitié, d’alliance et de fraternité tellement forts entre Burundais et Rwandais de toutes ethnies et de toutes couches sociales au cours de ces 50 dernières années que vos manœuvres de semer la haine sont une perte de temps et une révélation suffisante de votre déconnexion face au monde actuel.

Pierre Nkurunziza a échoué à bien diriger le pays, il faut qu’il le reconnaisse! Il avait toutes les opportunités pour bien diriger mais il a été pourchassé et rattrapé par son passé dont il n’a pas réussi à se défaire : un passé d’entêtement, de boulimie de pouvoir et de richesse, de rancœur, d’égoïsme et de haine. Son pouvoir a peur de la responsabilité qui l’attend devant l’histoire suite aux excès et abus qu’il a commis, et il se débat pour tirer la corde ethnique, pensant que celle-ci pourra le couvrir, étant donné les cicatrices des conflits politiques à connotation ethnique prononcée qu’a connu le Burundi dans le passé, mais il se trompe.

Les contemporains et amis de lutte du Président Melchior Ndadaye, Héros de la Démocratie au Burundi qui ont conseillé Nkurunziza à ne pas jouer avec la vie de tout un peuple savaient ce qu’ils disaient; ils voyaient plus loin que lui! Et aujourd’hui que Pierre Nkurunziza se retrouve entre le marteau et l’enclume, il invoque les dieux de l’ethnisme! Malheur à lui! Cette carte a perdu sa validité au Burundi et elle n’est plus rechargeable.

De mon côté, je suis pour la paix, pour l’unité des Burundais quelques soient leurs origines, pour la reconnaissance de la dignité de leur être, pour le recouvrement des valeurs traditionnelles d’Ubuntu qui les ont toujours caractérisés avant que des esprits malveillants comme celui que tu véhicules dans tes écrits ne viennent semer la confusion et le mensonge. L’ennemi n’est pas le voisin, plutôt Umubanyi niwe muryango comme le dixit Marie-Louise Sibazuli (la famille proche c’est le voisin).

Les propos comme les tiens seront bientôt caduques et de beaux jours se projettent à l’horizon pour le Burundi. Tout le monde retrouvera le sourire, la paix, la prospérité et la sérénité.

J’y crois et c’est possible et j’en appelle aux autres Burundais d’y croire et d’y mettre leur main pour la réalisation des attentes de ces jours meilleurs.

 

Laisser un commentaire

Vous devez être Identifiez-vous poster un commentaire.

Topolina |
White Noise |
Majestics2016 |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Attelages Bovins Charollais
| Kox 3d (impression 3D)
| Solutionspluriel